Q
: Fin 1984 changement de direction, quest-ce
qui vous pousse à passer du film
à la musique et au son ?
J.Chollet
:
Si je fais un retour en arrière,
je maperçois que la musique
et le monde des vibrations ont toujours
été très présents
dans ma vie. Je suis née dans un
pays de montagnes, de ruisseaux, deaux
courantes et des forêts, ce furent
mes premières musiques, mes premières
harmonies, celles de la nature.
Près du village de mon enfance, il
y avait un train, qui en traversant la forêt,
projetait des étincelles sur les
aiguilles de pins très secs en été
. Je méveillais souvent en
sursaut la nuit en hurlant :
"Il ya le feu ! Il ya le feu !"
Et ma mère répondait :
"Calme toi ma chérie, il ny
a pas de feu, rendors-toi vite!" et
quelques minutes après, on entendait
la sirène des pompiers !
Je
crois donc que j'ai toujours été
extrêmement sensible au monde des
vibrations, mais je n'en n'ai pris réellement
conscience que beaucoups plus tard et le
fait décisif dans mon changement
d'orientation a été la mort
subite de ma mère et tout ce qui
s'en est suivi
Et puis, André aussi a joué
un rôle essentiel dans la matérialisation
de cette nouvelle direction, il m'a encouragée
dans cette voie.
Q:
Quest
qui vous a poussée vers cette musique
?
J.Chollet
:
J'ai été guidée, attirée,
propulsée, parfois rudement vers
ce nouveau champ d'expérience par
tout un ensemble d'évènements.
Quand une dimension nouvelle de la spirale
se déploie, il faut activer la grande
roue.
La période de gestation a été
longue et douloureuse, j'avais l'impression
que personne ne me comprenait. Je me disais:
je suis enceinte de quelque chose mais quoi
?
J'ai mis plusieurs années à
accepter ce cadeau, j'allais dire ce fardeau!
Que
ce soit la musique qui m'appelle, je ne
pouvais y croire, car pour moi, musique
rimait avec sublime et je ne me sentais
pas cette capacité là, c'était
trop grand, c'était trop beau pour
moi!
Et puis les femmes ne sont pas compositeurs,
elles sont dans le bel Canto, elles jourent
de la harpe ou du piano, du violon ou de
la flûte, pas du synthétiseur!
J'ai donc freiné autant que je pouvais
sur le chemin de cet accomplissement mais
sans pouvoir arrêter le véhicule!
Le caractère à la fois imprévu
et mystérieux de cette aventure m'a
attirée, passionnée, captivée.
Q: Comment vous la définiriez cette
musique ? J.Chollet
:
La différence fondamentale entre
la musique Multidimensionnelle et dautres
musiques, cest quelle nest
pas écrite, elle nest
pas non plus improvisée suivant
une trame comme le Jazz ou la musique
Indoue par exemple.
Elle naît du recueillement, de lécoute
intérieure et dune navigation
au fil des énergies, des tonalités,
des vibrations et de la résonance
quelles font surgir en moi .
Cette expérience est unique et
totale et ne peut être réduite
à des symboles. Ce nest pas
seulement un rêve de lesprit
ou un chant de lâme, cest
une expérience vibratoire, une
manifestation spontanée, une signature
de mes mondes intérieurs, un voyage
.
Q : Vous créez cette musique à
laide de plusieurs synthétiseurs
de son, quest-ce qui vous à
poussé a utiliser un synthétiseur
plutôt quun instrument de
musique classique ? Vous avez étudié
le piano dans votre enfance?
J.Chollet :
Oui,
jai fait deux à trois ans
de piano ce qui était suffisant
pour que jose maventurer seule
sur un clavier mais pas suffisant pour
menfermer dans des conventions.
Quand je me suis tournée vers la
musique, les synthétiseurs venaient
juste dapparaître sur le marché.
Jy ai vu un signe du ciel, cétait
ça le nouvel instrument avec lequel
jallais créer.
En fait, jai
été attirée par les
synthétiseurs pour bon nombre de
raisons, toutes aussi importantes à
mes yeux. La première de ces raisons
cest le son .
Un synthétiseur soccupe dabord
de son . On sythétise le son à
partir de ses composantes élémentaires.
Et puis, ce monde du son mapparaissait
plus ouvert que celui de la musique qui
a tout un passé de traditions,
de modes
et de conventions.
Mais il faut dire
que pour moi, la musique est un champ
qui s'étend bien au-delà
de l'humain.
Il ny a pas que lhomme qui
fasse de la musique dans lunivers,
les insectes, les oiseaux, les dauphins,
les étoiles, les planètes
sexpriment en musique !
Je voulais rendre ce qui m'avait bercée,
ce qui m'avait nourrie dans mon enfance
ces harmonies de la nature, je voulais
créer une musique qui soit vraiment
universelle
La seconde raison
de ce choix, cétait la liberté,
au début des années 80,
on navait pas besoin daller
au conservatoire pour se servir d'un synthétiseur!
Il n'y avait personne pour imposer de
dogme vérité, le champs
était libre de toute empreinte
Q : Cétait donc la nouveauté
de linstrument qui vous attirait
?
J.Chollet :
Non, pas seulement sa nouveauté,
sa capacité, sa flexibilité,
son immediateté, son incroyable
richesse
Quand
jétais à la télévision,
bien que je sois productrice et réalisatrice,
je nai jamais pu tester mes vraies
capacités créatrices, je
dépendais de trop de facteurs extérieurs.
Au contraire, avec mon synthétiseur,
je devenais maître de tous les paramètres
.
Je pouvais être en même temps
la chanson, le compositeur, les solistes,
lorchestre le chef dorchestre,
lingénieur du son et le public
!
Mon expérience était totale,
ma responsabilité aussi, javais
un contrôle suffisant sur la machinerie
pour pouvoir ouvrir tout grand les vannes
de linspiration, rien dextérieur
ne pouvait me restreindre.
Mon seul désir était déchapper
à toute limite, de me fondre dans
la musique, de respirer la musique, dêtre
musique.
Mes mains sur le clavier devenaient elles
mêmes instruments dun orchestre
invisible, exprimant mes moindres émotions,
mes moindres sensations, les inclinations
les plus cachées de mon âme.
C'était unematérialisation
immédiate de linspiration
avec résonance et feedback instantanés
.
Pour la première fois de ma vie,
je pouvais aller jusquau bout de
mon inspiration, sans compromis, pour
la première fois je pouvais vivre
le pur flux de mon intuititon et la vérité
de linstant créateur hors
du temps
Quand jutilisais des fréquences
ultra basses, elles déclenchaient
des vibrations dans tout mon corps, dans
mes jambes, dans mes pieds. Ce nétait
pas un jeu intellectuel, cétait
dans mon corps, je ressentais lincroyable
pouvoir du son!
Et dans les fréquences ultra aigues,
cest comme si lon cessait
de pouvoir identifier lorigine des
sons, cétait partout, il
ny avait plus de limite.
Au début javais des synthétiseurs
analogiques et je pouvais naviguer manuellement
des basses aux aigus des infrasons aux
ultrasons et voir léffet
que ça avait sur moi.
J'ai tout d'un coup réalisé
que nous vivions la plupart du temps dans
une étroite bande de fréquences
que nous prenions à tort pour la
totalité.
Dès que je m aventurais dans
les franges, les sons se mettaient à
réagir autement, les aiguilles
de mes potentiomètres saffolaient
comme en proie à une hypersensibilité
subite provoquée par les très
hautes fréquences, il me fallait
en quelque sorte retenir le son, le contenir
comme on retiendrait par la bride un cheval
au galop !
Q
: Est-ce que vous avez développé
une méthode systématique
dexploration des différentes
fréquences?
J.Chollet :
Non, je suivais
mon intuition mais jétais
totalement dans lexpérience,
à la fois sujet et objet .
Dabord
je créais des sons, je jouais avec,
certaines formes dondes mattiraient
plus que dautres et je les laissais
mentraîner là ou lesprit
mappelait.
Ces sons étaient mes guides vers
linconnu. Javais le sentiment
quils étaient venus dun
monde subtil, des êtres faits de
"son" venus dautres dimensions
pour méduquer en cette nouvelle
science, dans ce mystère du son
.
Je ne cherchais pas à les enfermer
dans des structures pré-établies,
au contraire je les laissais mentraîner
à leur suite.
Je ressentais très vite lénergie
se manifester en moi, mes cellules souvir
à des niveaux vibratoires de plus
en plus élevés.
Les sons-énergies visitaient mon
corps en décelant tous les obstacles,
en faisant sauter peu à peu tous
mes blocages.
Je vivais une illumination intérieure,
une danse de lénergie. La
musique qui se déroulait sous mes
doigts possèdait un pouvoir étrange,
elle mentrainait dans des états
"différents" de conscience.
Javais la sensation de navoir
plus de corps et de me mouvoir librement
dans des espaces infinis, portée
par les sons.
Javais le sentiment de voyager dans
dautres galaxies à des vitesses
intersidérales, dans des espaces
de lumière merveilleusement beaux
et limpides, sans aucune entrave, et sans
"frottements" malgré
lextrême vitesse de déplacement
ressentie !
J étais
en contact direct avec mon essence, mon
être, mes origines
Parfois, je regardais mes mains sactiver
sur le clavier comme si elles possèdaient
une vie autonome. Parfois, dès
les premières mesures, javais
limpression que je connaissais déjâ
cette musique et je navais dès
lors quà la laisser se dérouler
sans autre intervention
Parfois, juste au son du toucher sur le
clavier, jentendais un son pur,
une résonance claire et je savais
que ce jour là, jétais
déja harmonisée, tout était
déjâ là !
A dautres moments, il me fallait
"décrasser"la machine,
faire un vrai travail pour éffacer
mes préocupations, "me mettre
en phase" et détecter quelles
eaux troubles mempêchaient
de boire à la source
Sans aucun doute jétais en
proie à une intense transformation,
je mharmonisais, je me subtilisais,
je me mettais moi même au monde
.
Quand jécoutais ce que je
venais de jouer, jétais sidérée
! Je ne pouvais pas croire que cette musique
fut née de mes mains sur le synthétiseur
!
Elle me semblait si vaste, si étrange,
on aurait dit quelle venait dailleurs.
Pendant les écoutes, mon énergie
se transformait à nouveau et jéprouvais
un froid interieur intense, un froid Siberien
Il me fallait prendre des bains chauds
pour récupérer un peu de
chaleur ! Tout ça était
bien étrange
Mon âme exultait pendant que mon
esprit cartesien sen trouvait troublé,
dépassé
Et personne pour mexpliquer quelle
alchimie subtile régissait énergie,
conscience, son et musique ? Jétais
confrontée à moi même
Comment pouvais-je être à
la fois si petite et si grande, si finie
et si infinie ? Comment
pouvais je basculer aussi facilement dun
état à lautre, de
lunité au doute et aux tentatives
avortées dexplications rationnelles
?> A la recherche de réponses,
je partais en voyage sur les trâces
de Pytagore dans lîle de SAMOS,
je visitais le temple dEsculape
sur la côte Turque puis je mimprégnais
des énergies à Delphe et
Epidaure
Je me sentais attirée par cette
lignée de gens qui avaient soigné
et guéri avec le son et la musique,
en des temps anciens.
Mais un des premiers êtres qui mait
directement influencée fut Krishnamurti
.
Javais collaboré à
un film sur lui fait par André
Voisin en 1972.
Krushnamurti y parlait dune façon
dêtre en prise directe avec
soi et avec le monde par lexercice
de l'attention indivise.
Il avait dit très clairement quon
ne se servait que dune partie infime
de nos capacités mentales, de notre
potentiel...Ses parole avaient résonné
en moi et depuis jétais à
la recherche de ce potentiel inconnu,
de cette autre façon dêtre...
Je voulais toucher la source de mon être,
connaître ma réelle identité,
cétaient ça mes buts.
Q:
En quoi la musique Multidimensionnelle
diffère-telle dautres
musiques ? /
Quest-ce qui la rend multidimensionnelle
?
J.Chollet :
Cest
leffet quelle provoque qui
est multi-dimensionnel !
Elle augmente le taux vibratoire
et affecte les multiples dimensions de
notre être, notre corps, notre énergie,
notre âme, notre esprit !
Nous
ne nous résumons pas aux seules
3 ou 4 dimensions que nous connaissons.
Quand on traverse le point dimmobilité
parfaite à lintérieur
de soi, on entre dans une autre dimension,
une autre réalité définie
par une autre longueur dondes, une
autre fréquence, une autre échelle
harmonique.
Nous entrons dans le "monde multidimensionnel"
nommé aussi "hyper espace"
.
Dès
le départ cette musique sest
montrée multi-dimensionnelle, cest
pourquoi je lai nommée ainsi
!
Ceux qui lécoutaient
perdaient la notion habituelle de lespace
et du temps. Ils éprouvaient des
vibrations, des montées dénergie,
toutes sortes de sensations dépassant
ce que lon éprouve en général
à lécoute de la musique
! Ils voyaient des couleurs vives, des
lumières, sentaient leurs "chakras"
( centres énergétiques)
sactiver, se trouvaient transportés
dans dautres dimensions.
Dautres voyaient se dérouler
sur lécran de leur psyché
des scènes dautres temps,
ils se trouvaient projetés dans
lavenir, certains se voyaient catapultés
à l intérieur de leur
ADN ou dans leurs propres cellules, ils
ressentaient des organes dont on na
pas habituellement conscience comme leur
système glandulaire ou éprouvaient
des courants électriques qui leur
parcouraient le corps etc
La musique
les transportait dans toutes sortes détats
"modifiés" de conscience
Q : Et ces effets découlent de
votre processus de création ?
J.Chollet :
Bien sûr !
Je pars dun état vibratoire
et au fur et à mesure, mon énergie
se transforme et je passe dans un autre
univers, un monde subtil avec dautres
lois et dautres vibrations. Je ne
sais jamais sil y aura une musique
au bout de la démarche, mais je
ne sais non plus créer dans un
état ordinaire de conscience
Je ne peux toucher la musique quen
atteignant cet espace intérieur,
ce monde ou la création se crée
et se recrée sans cesse, cette
matrice de lunivers .
Cest un espace de co-création
et parfois je me demande si cest
bien moi qui crée ou bien si cest
la musique qui me créée
ou si je ne suis quun résonateur
dautres espaces et dautres
dimensions ?
Q : Vous ne faites donc jamais
de concerts, vous ne jouez jamais deux
fois la même musique ?
J.Chollet
:
Pour que le son soit créateur et
transformateur, il faut que je le crée
en même temps quil me crée,
je ne peux donc jamais le re-produire.
Je ne peux que le co-créer en étant
a son "écoute-active".
Je
pense que je pourrais un jour créer
cette musique avec un public qui se sent
impliqué dans ce procéssus
dexpansion de conscience, mais ce
serait un nouveau type de concert denergies
co-créé avec le public !
La seule chose qui me fascine vraîment,
cest créer, dépasser
mon connu, chaque atôme dénergie
que je possède est tourné
vers la création.
Q : Votre musique est donc une
sorte de réflexion, de méditation,
un processus dauto apprentissage
et quand les gens lécoutent,
ils participent à ce processus
?
J.Chollet :
Exactement, les tonalités de cette
musique sont des sortes d "espaces
de conscience", ils donnent un espace
à la conscience qui peut ainsi
être perçue en tant que telle
et sexprimer.
Quand ils les écoutent, les gens
résonnent à ces tonalités,
et cette résonance déclenche
une mise en contact avec leur source,
leur propre conscience élargie
qui leur délivre sous des formes
diverses le ou les messages quils
doivent intégrer pour se ré
harmoniser.
Je ne suis dailleurs pas la seule
à exprimer un tel concept, jai
été précédée
par des maitres dont le musicien et maitre
Soufi HAZRAT INAYAT KHAN.
Dans son livre : "Le
Mysticisme du Son"
il est écrit :
" La création
commence avec lactivité de
la conscience nommée vibration,
et toutes vibrations jaillissant de la
source originelle sont identiques, elles
ne diffèrent que par la tonalité
et le rythme qui les forcées à
se mouvoir
Le Son donne a la conscience une évidence
de son existence bien quen fait,
ce soit la partie active de la conscience
qui se transforme en son.
Le connaisseur finit par se connaître
lui même, en dautres termes,
la conscience prend connaissance de sa
propre voix
/
Chaque atome de lunivers avoue par
son ton: " Mon origine nest
autre que le son".
Cest ce que toutes les traditions
ont dit, cest ce que veut dire :
Au commencement était le verbe
et le verbe était Dieu
Je sentais bien, en moi, le coté
"sacré" de la chose
Je
vivais ce "sacré" au
cur même de la cré-ation
musicale, dans son éssence , je
vivais le "ça crée"
Je trouvais aussi quelque
information sur Pythagore et sur lévolution
de la musique depuis les temps anciens
dans un autre livre, celui de:
Dane RUDYARD
:
"La magie du ton et lart de
la musique":
.../ "Il semble que Pythagore ait
insisté sur les effets thérapeutiques
des sons qui deviennet des tons capables
de transmettre
la volonté, lénergie
et la compassion de celui qui les a produits
après sêtre purifié
, et de remettre en phase avec le rythme
dela force vitale universelle."
Q
: Retournons maintenant à ce qui
vous a réellement poussée
à quitter le film pour la musique,
cétait quoi lenjeu
pour vous, à cette époque
?
J.Chollet :
Un
jour, il est temps dETRE vraiment,
il est temps dêtre SOI même!
Jai réalisé
quil y avait une chose dont je ne
savais pas grand chose, bien que jai
parcouru la moitié du monde, et
cétait moi !
Alors, je me suis tournée du dehors
vers le dedans
un parfait changement
de perspective !
Q :
Vous êtes passée de lethnographie
à lethnographie de lesprit
?
J.Chollet :
A ce moment là de ma vie, la question
la plus importante était : >
"Qui suis je ? De quoi suis je
faite ? Quy a til au delà
de ce que je connais de moi même" ?
Je ne pouvais plus accepter de baser ma
connaissance sur lexpérience
des autres aussi grands, aussi sages soient-ils.
Javais besoin dinformations
de première main ! Il me fallait
maventurer vers linconnu.
Durant le tournage de tous ces films, le
peuple qui ma le plus influencé,
le plus appris, ce sont les Papous de
Nouvelle Guinée.
Javais fait un film avec eux en 1974,
Ils respiraient linventivité,
la créativité, ils m
apparaissaient tous si différents,
si capables et si légers à
la fois . Jadorais les observer se
parer de plumes et de fleurs de la forêt
équatoriale comme les enfants dun
paradis terrestre en parfaite harmonie.
Ils mont appris sans mots, on peut
appeler ça de la télépathie
ou de la transmission directe. Cétaient
des experts en communication desprit
à esprit et de cur à
cur, sans mots ! Ils savaient
communiquer avec la nature, les animaux,
les esprits. Ils ont changé ma façon
de percevoir le monde.
Q :
Vous faites des documentaires, vous auriez
pu vous tourner vers la peinture ou la photo ?
J.Chollet :
Jétais
photographe avant dêtre réalisatrice
de films et je me suis mise à la
peinture durant la musique .
Vous voyez, la photographie, le film, ce
sont des langages de lespace et la
musique est un langage qui structure le
temps.
Alors, je crois que je nai jamais
abandonné mon premier amour pour
les langues !
Simplement la musique mapparaît
être le seul langage vraiment universel
.
Q : Pourquoi et Comment vous êtes
vous intéressée au son ?
J.Chollet :
Très progrèssivement, jai
réalisé au cours de tous ces
voyages dans différentes civilisations,
chez tous ces peuples dAfrique, dAsie,
en Australie, chez les Aborigènes,
tous utilisaient le son pour atteindre des
états non ordinaires de conscience.
La plupart des pratiques Shamaniques sont
basées sur le son, cest la
voie royale pour atteindre les zones inconnues
de notre psyché
Un jour, en Afrique, dans une réserve,
nous filmions un petit éléphant,
à un moment lingénieur
du son me demande si je voulais mapprocher
de léléphant avec un
micro, cet éléphant avait
le genou enflé et nous pensions quil
ne pouvait pas bouger Toujours est-il quà
un moment, lingénieur du son
crie :
"Plus près ! Plus près,
vas plus près !" et soudain
léléphant se met à
barir avec une force telle que jen
suis restée pétrifiée,
même sil avait chargé
jaurais été incapable
de faire un geste, jétais anesthésiée
par le son !
Et
puis plus tard, lorque nous achevions 4
films avec Artur Janov et la Thérapie
Primale qui est une thérapie extrêmement
émotionelle, je commençais
à faire des éssais avec la
bande son, je la manipulais pour voir comment
nous percevons son et image.
Au lieu de mettre les vrais sons sous les
vraies images, je mettais de la musique
ou bien dautres sons. Le résultat
était incroyable, même sous
des images de visages en proie à
des émotions fortes telles que le
chagrin ou la peur, on percevait un tout
autre message !
Cétait
la bande son qui déterminait le sens
du film ! Q :
Et puis vous avez eu une expérience
avec la musique Tibétaine qui vou
a profondément marquée ?
J.Chollet :
Nous filmions dans un monastère
tibétain, cétait une
periode très spéciale de
ma vie.
Je ne savais pas encore que jallais
perdre ma mère dune façon
brutale, quelques mois plus tard. Je nen
navais pas conscience mais subconsciement
je pense que je le savais puisque jétais
en train de tourner deux films sur la
mort
une façon de me préparer
peut être
Ces films appartenaient à la série : " La
Roue de la vie ", les deux derniers
films traitaient de la mort selon"le
livre des morts Tibétain" ...
Nous étions donc dans un monastère,
prêts à filmer les offrandes,
loffice pour un moine qui venait
de mourir.
Au moment ou les cornes, gongs et trompes
se sont mises àjouer, jai
reçu tous les sons au niveau du
plexus solaire, je pouvais à peine
me tenir debout, jétais tétanisée
sous lemprise dun pouvoir
qui me forçait à mouvrir
à linconnu. Mon corps ne
mappartenait plus il obéissait
à la musique!
Q : Mais vous navez tenté
ni de faire ni dapprendre la musique
Tibétaine, vous avez crée
votre propre musique
J.Chollet :
ça a été un point
de non retour, ça ma laissé
une empreinte...
Mais ce que je cherchais
se trouvait à linterieur
de moi.
Q :
Des physiciens, des chercheurs se sont
interessés aux éffets de
votre musique ?
J.Chollet :
Oui, ça
fait partie du courant de synchronicités
(coincidences) qui ont façonnées
ma vie.
Après
la mort de ma mère, un voile sest
déchiré . Je me suis
sentie poussée dans une direction.
Ma mère a joué un rôle
prépondérant dans la genèse
et le développement de ma musique.
Douze
ans après, André disparaissait
de la même façon brutale
et je fus en proie à un choc éffroyable
A nouveau, les synchronicités ont
repris
J ai été invitée
à participer à une émission
de télévision sur les expériences
de mort imminente.
Sur le plateau Télé, il
y avait un homme incroyable, un très
étrange physicien qui parlait de
mort, daprès-mort, de lumière,
de physique quantique, de particules qui
vont plus vite que la lumière,
dune façon naturelle, comme
si tout le monde savait çà
!
Il était professeur de physique
à lécole de Medecine
de Poitiers.
A la fin de lémission, je
sentais quil fallait que jaille
lui parler, mais il avait un air si serieux,
si classique, si froid
que je nai
pas osé.
Un mois après, je reçois
un coup de téléphone du
centre Krishnamurti à Paris. Ils
minvitaient à aller à
une réunion décrivains
qui présentaient leurs livres.
J'étais là à regarder
tous ces gens aller et venir dans une
sorte de brume, en me demandant bien ce
que je faisais là, quand soudain,
jai vu un point précis très
clair au milieu de la brûme, cétait
le même physicien que j avais
vu à lémission de
TV, le professeur Régis Dutheil.
Alors là je me suis dit :
"Bon , jai compris ! Si
je ne vais pas parler à cet homme
je vais le rencontrer par hasard, toutes
les trois semaines!"
Q:
Et il a écrit un chapitre sur votre
musique dans un de ses livres
J.Chollet :
Oui ! à
cette époque, personne ne comprenait
vraiment ce que je faisais, même
pas moi !
Je
ne comprenais pas toujours avec mon cerveau
gauche ce que mon cerveau droit créait !
Mais dès que je lui eu parlé
de mes sessions dexpansion de conscience
avec la musique et les sons, il a dit
en souriant :
"Oui oui, je comprends !"
Jétais sidérée,
il était la première personne
qui semblait comprendre ce que je faisais !
Il ma beaucoup apporté, il
ma fait faire la relation entre
ce que je vivais en état de création
de la musique et les interactions dordre
quantique.
Du coup, tout séclairait
et ma recherche prenait un sens nouveau !
> Puis un jour, il me demanda si je
voulais bien quil inclut un chapitre
sur ma recherche dans son nouveau livre"la
Medecine Superlumineuse" et il me
dit : "cest le moment
de rassembler toutes les notes que vous
avez prises !" Il ma pour
ainsi dire forcée à faire
une synthèse de mes observations
.
Et quand le livre est paru, il y avait
un chapitre qui parlait de ma recherche
, le chapitre VIII qui sintitulait :
Ouverture pour une médecine
du 3ème millenaire. Il évoquait
la possibilité d'une médecine
nouvelle qui incluait bien sur la conscience,
lénergie et le niveau quantique
.
Le Professeur
Dutheil ma permis, par
le dialogue créatif que javais
avec lui, de continuer à croire
en moi il ma permis de progrésser
dans ma réflexion, il ma
aussi permis dentrer en contact
avec dautres scientifiques .
Q
: Comment en est on arrivé à
faire de la recherche sur les éffets
biologiques de vôtre musique ?
J . Chollet :
Le professeur Dutheil ma dit avoir
rencontré quelquun, une biologiste
qui était aussi passionnée
que moi et qui sintéressait
au même domaine de l énergie
: "Appelez là, ajouta
t il !"
Cette
biologiste, Lydie Ries,
avait eu lidée de commencer
une recherche sur son propre sang après
quelle eut constaté des écarts
importants dans sa composition suite à
un stage sur les énergies quelle
venait deffectuer. Son niveau dhémoglobine
avait chuté et ça avait attiré
son attention sur une corrélation
possible entre énergie et hémoglobine .
> La première fois quelle
a écouté ma musique elle a
été traversée de vibrations
dans tout son corps, ça la
beaucoup étonnée. Puis nous
avons collaboré.
Q : Et quest-ce
quelle a découvert ?
J.Chollet :
Elle a fait de la recherche pendant 2 années.
A cette époque je recevais des volontaires
pour cette recherche et nous avons commencé
à faire des séminaires dexpansion
de conscience avec la MMD comme support,
au sein de "l' Institut de développement
et dexpansion de conscience".
> Durant ces séminaires, il y
avait de 7 a 10 personnes à chaque
fois. Nous prélevions des échantillons
sanguins chez tous les volontaires avant
écoute de la musique et puis après
des sessions denviron une heure, ça
faisait donc beaucoup de données
à analyser ensuite. >
Qu a telle constaté ?
Que lorsquils
étaient en résonance avec
ma musique, le taux dhémoglobine
des participants augmentait parfois dun
gramme ou plus en une seule session !>
Quest-ce que ça veut dire ?
Je ne vais pas entrer dans les détails
ici, je veux juste dessiner une perspective.
> ça veut dire quil y a
accroissement du nombre de globules rouges
et parce que lhémoglobine est
un transporteur doxygène, il
y a sur oxygénation du sang.
On pouvait dailleurs observer ce fait
à lil nu .
> La couleur du sang prélevé
avant écoute était
généralement (comme celle
du sang veineux) rouge sombre.
Il prenait après écoute
une belle couleur rouge plus clair, parfois
même rouge framboise qui est la couleur
du sang arteriel,
du sang hyperoxygéné .
Parfois même, lorsque loxygénation
avait été très forte,
il ressemblait à du champagne rosé
! > Bon,
quest ce que loxygène
apporte ?
Loxygène facilite la communication
intracellulaire, donc si vous avez plus
doxygène dans votre système,
ça en facilite tout le fonctionnement,
tous les processus en bénéficient,
le cerveau bien sûr, mais aussi le
cur, tout le métabolisme .
> Il ny a qua voir ce qui
se passe en ce moment dans le sport de haut
niveau, un grand nombre dathlètes
tente par des moyens plus ou moins légaux
daugmenter leur taux dhémoglobine
et doxygénation sanguine pour
améliorer leurs performances !
> Un jour, après
un séminaire, jai oublié
les prélévements sanguins
dans mon refrigerateur !
Je ne men suis aperçu que 3
jours après, alors jai prévenu
Lydie mais elle ma dit denvoyer
quand même les prélèvements
.
Quand elle ma rappelée elle
était sidérée par ce
quelle avait observé !
Bien sûr, après 3 jours passés
au frigo, les cellules sanguines avaient
vieilli, leur forme , leur information était
détruite, cétaient de
vieilles cellules, mais pas toutes !>
Quand elle avait analysé le sang
prélevé après écoute
de la musique, elle avait noté
que 76% de linformation présente
dans les noyaux des cellules était
intact !
ça paraissait incroyable mais cétait
vrai ! > Et quest ce que ça
montrait ?
> Quil
est possible de résister à
lentropie (entropie
veut dire désordre) en augmentant
son taux vibratoire,
en accédant à un niveau superieur
dintegrité, de cohérence
et dénergie.
Cela
montrait aussi que durant un processus dexpansion
de conscience comme avec la musique, nos
cellules sanguines accèdant à
un taux vibratoire supèrieur celui
ci se traduit par un degré dordre,
un degré de cohérence supérieur
,on appelle ça de la neg-entropie
( de lordre ou de lentropie
négative).
> Mais le but nest pas seulement
daccéder à un niveau
supérieur de conscience, dordre,
dénergie et dharmonie
mais de sy maintenir, de gagner en
permanence. >
Comment y parvenir ? Comment maintenir en
nos cellules un ordre superieur de cohérence
?
> Et bien cest
la precisément le but et la spécificité
de la musique Multidimensionnelle, plus
on lécoute et plus linformation
de cohérence harmonique qui sy
trouve est mémorisée par nos
cellules et plus elle devient
une
seconde nature pourrait on dire
Et un jour, cest cet état qui
tend à prévaloir .
> Dans lévolution, un ordre
ou un fonctionnement de type supérieur
prévaut toujours
Hélas, la plupart du temps, nous
vivons dans le souvenir du passé
ou la crainte de lavenir, et nos cellules
vivent limpact négatif de ces
pensées négatives, nous les
bombardons sans cesse avec ces énergies
négatives.
> Lorsque vous
vous vous mettez à l'écoute
de cette musique, vous entrez dans un présent
ouvert à toutes les possibilités
de re création, vous suspendez donc
leffet nocif du stress et des émotions
négatives et vous vous accordez progrèssivement
à dautres dimensions de la
conscience qui n'ont pas de limite...
Q : Comment transformer limpermanence
en permanence ?
J.Chollet :
Par lentrainement
Combien
de temps faut-il, je lignore, je suppose
que cest différent pour chacun.
> Quand Lydie Ries a commencé
à me faire des prises de sang pour
les analyses, javais déja un
taux dhémoglobine très
élevé, bien au delà
de la norme et pourtant je vivais a 40 km
de Paris à quelques deux cent mètres
seulement au dessus du niveau de la mer
et je ne prenais aucun médicament
qui puisse influencer ce facteur. Ce qui
était remarquable, cétait
que bien que mon niveau fluctue de temps
à autre, il restait cependant dans
cette même frange supérieure
Je ne peux donc pas dire après combien
de temps de pratique de la MMD jai
atteint cette permanence car il aurait fallu
que je fasse des analyses depuis le tout
début de mon apprentissage, mais
je peux témoigner quon atteint
un jour une permanence, jen suis la
preuve !
Q
: Comment les gens doivent ils écouter
cette musique pour en tirer bénéfice
? Comment faites vous vous même
?
J.Chollet :
Je lécoute essentiellement
pour me rassembler, me centrer, rester dans
un état de clarté interieure
.
Si jai subi un choc émotionnel,
je lécoute et il suffit parfois
de quelques minutes à peine pour
que je retrouve mon état normal,
mes cellules ayant reconnu le signal se
mettent à lunisson et je retrouve
plus vite équilibre et énergie
.
> Elle me sert aussi à maintenir
une atmosphère créative, un
état de concentration aisé
lorsque jécris ou que je peins.
Je lutilise beaucoup en voyage, ça
me permet de rester fraiche, de recharger
mes batteries
Q
: Comment doit-on approcher cette musique
pour quelquun qui ne connait pas
?
J.Chollet
:
> Si lon
veut vraiment bénéficier
au mieux de cette musique, il faut lécouter
en état
de méditation ou découte
profonde. > Lécoute
profonde est un état dans lequel
on se laisse totalement imprégner
par la musique, on est 100%"à
lécoute", pas avec sa
tête mais avec tout son corps, tout
son être. Cet état est celui
dans lequel elle a été créée,
cest un état dattention
indivise un état de totale concentration.
On peut soit sasseoir très
confortablement, en restant très
centré, soit sallonger (on
tirera différents bénéfices
des différentes postures).
> Respirez profondement 3 ou 4 minutes,
concentrez vous sur votre respiration
(respiration abdominale de préférence)
centrez vous sur le cur, laissez
vous aller, sentez que votre corp est
en état de relaxation et laissez
vous faire .Laissez vous harmoniser par
la musique comme si vous flottiez sur
une mer de sons .
> les sons de cette musique agissent
comme des quantas, des unités de
conscience et ils entrainent une résonance
partout ou il y a blocage. Ils touchent
les points de déséquilibre,
là ou il y a un vortex dénergie
prisonière, là ou il y a
un traûma.
> Une opération chirurgicale
même si elle vous a sauvé
la vie a occasioné un traûma
au niveau de vos énergies subtiles
Après une opération, vous
gardez une cicatrice sur le plan énergétique
et alors que lon soccupe de
resorber votre cicatrice physique rien
nest fait pour resorber votre cicatrice
énergétique !
> Pendant que
votre corps entre en phase, en résonance
avec la musique, laissez votre propre
conscience vous envoyer les messages appropriés
à votre cas. Il ny a rien
dautre à faire .
Mais il ne faut pas penser à hier
ou demain, il faut cesser de ratiociner,
il ne faut pas tenter déchapper
à la presence subtile, ça
ne peut marcher que si vous êtes
en communion totale avec vous même
et avec les sons.
Q : Cette
musique déclenche des images très
fortes chez certaines personnes, que doivent-elles
faire ?
Est-ce quelles doivent éssayer
de contrôler ces images ?
J.Chollet
:
> Non il faut surtout pas, le fait de
voir des images, de voir des lumières
comme certaines personnes en voient, ça
veut dire que les fréquences sonores
qui arrivent au cerveau sont traitées
par celui ci sous différents modes
et redistribuées dans différents
sens, cela se nomme la "synesthésie"
.
>
Non, les gens doivent laisser venir les
images qui vienent, cest comme si
ils allaient au cinéma, voir le film
sur l écran de leur psyché
, donc ces images ont un sens précis
pour eux.
> Cest comme
si on plongeait sous le niveau de la mer
et que lon découvre ce qui
se trouve sous les icebergs, on voit une
image plus totale.
Je demande aux gens de noter les images
quils perçoivent parce quelles
peuvent parfois être très fugitives.
Mais ce nest pas comme avec la chimie
, quand on prend une drogue ou un médicament
.
La chimie opère delle même
sans que lon ne soit conscient des
procéssus impliqués au niveau
du corps.
Avec le musique, cest différent,
il y a un continuum, cest vous qui
conduisez la voiture, en permanence, il
ny a ni message subliminal ni truc
daucune sorte.
> Cest une musique dexpansion
de conscience !
Q : Mais quand vous conduisez vous ne
cherchez pas analyser votre façon
de conduire .
J.Chollet
:
Non, bien sûr, car sinon il ne se
passera rien, vous devez être avec
le son dans le son !
> Quelquun
ma envoyé son carnet intime
de 2 mois de sessions avec la MMD.
Elle écoutait la musique une à
deux heures tous les deux jours en état
découte profonde .
Au début, elle a commencé
à voir sur lécran
de sa psyché des visages qui léffrayaient,
des visages hideux pleins de haine, quelques
temps après ces visages devinrent
neutres et puis peut être un mois
plus tard, ils sétaient transformés
en visages pleins damour, rayonants
!
Tout vient à point quand on est
prêt et lun des attributs
de la conscience, cest la vérité.
Cette personne a ainsi compris delle
même quelle avait fait un
grand pas vers sa propre reconnaissance,
quelle avait cessé de se
haïr et commencait à saimer,
à saccepter .
Q
: Est-ce que la musique peut occasioner
des troubles, est-ce quelle peut
fait remonter des émotions négatives
?
J.Chollet :
> Cest
sûr quelle est extrèmement
interactive et quelle entraîne
toutes sortes de réponses .
> Par exemple, si quelquun est
très malade physiquement ou en
proie à un stress sévère
ou à des émotions profondes,
il est possible que la musique déclenche
un processus qui puisse se révéler
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